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Miracles: the supernatural mechanism
 
in progress, last modified may 18 2003
 

In L'Enracinement, she writes

 

Tout ce qui concerne la demande évoque aussi quelque chose d'analogue à un mécanisme. Tout désir réel d'un bien pur, à partir d'un certain degré d'intensité, fait descendre le bien correspondant. Si l'effet ne se produit pas, le désir n'est pas réel, ou il est trop faible, ou le bien désiré est imparfait, ou il est mélangé de mal. Quand les conditions sont remplies, Dieu ne refuse jamais.

Si nous exerçons une espèce de contrainte sur Dieu, il peut s'agir que d'un mécanisme institué par Dieu. Les mécanismes surnaturels sont au moins aussi rigoureux que la loi de la chute des corps; mais les mécanismes naturels sont les conditions de la production des événements comme tels, sans égard à aucune considération de valeur; et les mécanismes surnaturels sont les conditions de la production du bien pur comme tel. (1193)

Everything that concerns requesting also evokes something analogous to a mechanism. Every desire of a pure good, starting from a certain degree of intensity, makes the corresponding good descend. If the effect does not occur, the desire is not real, or too weak, or the desired good imperfect, or it is mixed with evil. When the conditions are filled, God never refuses.

If we exercise a kind of constraint on God, it can only be a matter of a mechanism instituted by God. Supernatural mechanisms are at least as rigorous as falling bodies; but natural mechanisms are the conditions for the creation of events as such, without any regard to value; and supernatural mechanisms are the conditions for the creation of pure good as such.

  Later, in the same text
  Le problème des miracles ne fait difficulté entre la religion et la science que parce qu’il est mal posé. Il faudrait pour bien le poser définir le miracle. En disant que c’est un fait contraire aux lois de la nature on dit une chose absolument dénuée de signification. Nous ne connaissons pas les lois de la nature. Nous ne pouvons faire à leur sujet que des suppositions. Si celles que nous supposons sont contredites par les faits, c’est que notre supposition était au moins partiellement erronée. Dire qu’un miracle est l’effet d’un vouloir particulier de Dieu n’est pas moins absurde. Parmi les évenements qui se produisent, nous n’avons aucune raison d’affirmer que certains plus que d’autres procèdent du vouloir de Dieu. Nous savons seulement, d’une manière générale, que tout ce qui se produit, sans aucune exception, est conforme à la volonté de Dieu en tant que Créateur; et que tout ce qui enferme au moins une parcelle de bien pur procède de l’inspiration surnaturelle de Dieu en tant que bien absolu. Mais quand un saint fait un miracle, ce qui est bien, c’est la sainteté, non le miracle. (1195) The problem of miracles creates a difficulty between religion and science only because it is badly posed. In order to pose it well, the miracle must be defined. By saying that it is something contrary to the laws of nature, one says something that is absolutely meaningless. We do not know the laws of nature. We can only make suppositions about them. If the suppositions we make are contradicted by the facts, then it is because our supposition is at least partially in error. To say that a miracle is the effect of a particular volition of God is no less absurd. Among the events that happen, we have no reason to affirm that certain ones proceed more from God's will than others. We only know, in a general manner, that everything that happens, without exception, conforms to God's will as Creator; and that all that contains at least a parcel of pure good proceeds from the supernatural inspiration of God as absolute good. But when a saint makes a miracle, what's good is his sainthood, not the miracle.
 

Il n'est nullement contraire aux lois de la nature qu'à un abandon total de l'âme au bien ou au mal correspondent des phénomènes physiques qui ne se produisent que dans ce cas. Il serait contraire aux lois de la nature qu'il en fût autrement. Car à chaque manière d'être de l'âme humaine correspond quelque chose de physique. A la tristesse correspond de l'eau salée dans les yeux; pourquoi pas à certains états d'extase mystique, comme on raconte, un certain soulèvement du corps au-dessus du sol? Le fait est exact ou non; peu importe. Ce qui est certain, c'est que, si l'extase mystique est quelque chose de réel dans l'âme, il doit y correspondre dans le corps des phénomènes qui n'apparaissent pas quand l'âme est dans un autre état. La liaison entre l'extase mystique et ces phénomènes est constituée par un mécanisme analogue à celui qui lie la tristesse et les larmes. Nous ne savons rien du premier mécanisme. Mais nous ne savons davantage du second. (1195)

It is in no way contrary to the laws of nature that there be a correspondence between a total abandonment of the soul to good or evil, and some physical phenomena that only occur in that case. It would be against the laws of nature that it be otherwise. For to each state of the human soul there corresponds something physical. To sadness corresponds salty water in the eyes; why could there not be in certain states of mystical ectstasy, as is said, a certain lifting of the body above the ground? Whether or not this is the case matters not. What is certain is that, if mystical ecstasy is something real in the soul, there must correspond to it, in the body, phenomena that do not occur when the soul is in another state. The link between mystical ecstasy and these phenomena is constituted by a mechanism analogous to that which links sadness and tears. We know nothing about the first mechanism. We don't know any more about the second.

     
     
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